Se dévoiler

Mis à jour : 26 mai 2019


J’ai toujours été sportive et j’ai toujours eu soif de performer (que ce soit en sports, à l’école ou en arts). L’esprit athlétique, ça se traduit dans plusieurs sphères de la vie, c’est un trait de personnalité, je crois. Comme l’esprit scientifique. Tu l’as ou tu l’as pas. Je me trompe peut être, remarquez… peut-être que c’est une chose qui s’acquiert aussi… mais dans mon cas et chez beaucoup de personnes que je connais, notamment des acteurs, c’est intrinsèque.

Enfant, j’étais aux cours de danse, puis aux cours de plongeon 5 jours par semaine. À la visite de ma nouvelle école, en 5e année, ma mère avait même dit au prof d’éduc que je voulais aller aux Olympiques. Hum… ça m’avait pas mal intimidée. Puis finalement, je n’étais pas une assez bonne plongeuse.

Ensuite il y a eu l’école de théâtre, à coups de 3 heures de danse par jour, notre tenue quotidienne étant collants roses et léotard.

Plus tard, j’ai commencé le kung fu. J’y étais jusqu’à 5 fois par semaine.

Puis après la grossesse, j’étais aux cours de remise en forme avec bébé de 3 à 4 fois par semaine!

J’aime ça, bouger! Je pourrais passer ma journée au Belgo, à alterner entre yoga, kung fu et un p’tit snack en bas. Je pourrais dormir au gym sur un lit de camp dans le vestiaire (ce qui serait bien pratique parfois).

J’ai toujours été active! Alors quand les gens de mon entourage me parlent de mon

« virage », je me sens comme… eh bien c’est difficile à dire… je ne sais pas comment je me sens, mais c’est comme si la Sophie d’avant était pour eux une autre personne...

Moi je sais ce qui a changé.

Ce qui a changé, c’est que j’ai choisi de m’entourer.

Je ne m’entraîne pas pour l’apparence. Je trouve que s’entraîner dans ce but est futile et non durable. « Un ventre plat pour l’été », « prête pour la plage » et autres expressions du genre me font grincer des dents et me donnent le goût de sacrer.

C’est certain, tout le monde veut un beau body, moi y compris, mais le body pour moi est un bonus, pas une fin en soi. Je suis persuadée que de s’entraîner pour l’apparence est le meilleur moyen de payer un abonnement de gym dans le vide.

Reste que, le jour où j’ai décidé d’aller chercher de l’aide, j’avais du poids à perdre. Question de santé. Je faisais de l’embonpoint, carrément. Mais on s’entend : c’est clair que mon estime de moi en mangeait un coup aussi, et que je voulais aussi perdre du poids pour l’apparence… tricky, hein?

Comme une dépressive qui décide (par elle-même) d’aller chercher l’aide d’un psychologue, je me suis tournée vers un kinésiologue. Et c’est venu de moi. Aide-toi toi-même. Si vous connaissez des gens autour de vous qui ont un criant besoin de faire de l’activité physique, vous savez comme moi que de leur répéter sans cesse qu’ils devraient donc bouger ne donne rien. Ça doit venir de soi. Le meilleur moyen, je crois, pour amener quelqu’un à bouger est de l’inspirer… pas de lui faire des sermons… mais je m’égare et c’est un autre sujet.

Donc. C’est venu de moi, je me suis pris un entraîneur.

Avec lui, j’ai découvert que les activités physiques que je faisais avant étaient : 1) pas assez variées, 2) pas assez intenses. Je me souviens du jour où mon entraîneur Maxime m’a dit « Bienvenue dans le monde de l’entraînement par intervalles à haute intensité ». OUF!

Quand on s’entraîne par soi-même, c’est difficile de savoir jusqu’où on peut pousser, que ce soit en matière de cardio ou de poids qu’on peut soulever. On a souvent peur de se blesser… et il y a aussi le facteur paresse. Quand on est seul, on ne pousse pas autant que quand il y a quelqu’un à côté de nous pour nous faire faire LA dernière répétition payante qu’on n’aurait pas fait sinon.

Puis il y a le facteur constance. Mon entraîneur me fait un plan. Je fais mes devoirs. Je me rends au gym par moi-même deux fois par semaine pour faire mon programme personnel parce que… il m’attend, lui, au prochain rendez-vous! Je me suis fait dire une fois : « Ouain… ça paraît que t’es venue juste une fois la semaine passée… ». On me l’a dit juste une fois, celle-là.

Ensuite, la confiance. Je me souviens d’une séance avec Maxime, où on a testé ma force. Il m’a fait soulever les charges maximales que je pouvais soulever à ce moment pour finir par me dire : « Pis? Je commence tu à te donner confiance en toi? ». La réponse était oui. Ce jour-là, j'ai soulevé 200 lbs. Ça te booste une confiance en soi.

Enfin. Le droit de rêver toujours plus haut. Ça, ça s’est traduit en course à pied avec Nicolas. J’ai décidé de m’inscrire à son club de course en prévision de mon premier demi-marathon. Ça va faire bientôt un an que je m’entraîne avec lui. Il me fait courir toujours plus vite. Bien sûr, plus je progresse, moins ça progresse vite… mais quelle progression depuis août dernier! Nicolas m’a fait battre des records plus d’une fois! Je pense notamment à la fois où il m’a fait battre mon record sur 1 km… 20 secondes plus rapide que mon ancien record… 4 fois de suite!!!

Alors oui, je me permets de rêver grand. Je me permets de croire que je peux aller faire un trail de 22 km sur le mont Albert dans un mois.

Ben non, j’irai pas aux Olympiques. C’est pas une raison pour ne pas aller chercher le meilleur en moi. Être encadrée me permet de pousser ma machine fort sans la briser. En deux ans, je n’ai jamais été blessée, et même si je l’avais été, mon entraîneur aurait trouvé le moyen de me faire faire autre chose et m’aurait aidée à ma remettre de ma blessure.

Alors oui, en quelque sorte, j’ai changé. Physiquement, certes, mais j’espère de tout cœur que les gens qui m’entourent ne s’arrêtent pas uniquement à ce changement physique.

J’ai gagné de la confiance en moi, j’ai appris que les seules limites qu’ont nos rêves sont celles qu’on leur impose.

Au fond de moi, je vous le dis, je suis restée la même. J’ai pas changé.

Je me suis dévoilée… et maintenant, je veux partager.


Cet article est tiré de mon ancien blog La vie est une montagne.


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#sport

© Sophie Lepage 2018

Photos haltérophilie : © Michael Abril