Les entraînements difficiles



Samedi 25 mai 2019



Aujourd'hui, la barre était lourde. Plus lourde que les autres jours. Un peu de fatigue? Possible. J'ai bien mangé pourtant... ouf je me sens vraiment pas bien.


J'ai le goût de vomir, j'ai des frissons... mais qu'est-ce qui se passe? Comment je vais faire pour traverser cet entraînement?


Au lieu d'aller m'asseoir entre mes deux séries, je m'allonge carrément sur un tapis. Je suis essoufflée comme si je venais de courir un sprint, mais je viens juste de faire trois arrachés à un poids plutôt léger pour moi.


Je dois terminer mon entraînement malgré mon état. Retourner chez moi ne me passe même pas par la tête (je ne sais même pas pourquoi j'en fais mention. Ah oui : parce que je l'ai déjà fait. Courir 2 minutes sur un tapis, trouver ça trop dur et partir. En passant ça m'a rien apporté de bon. Juste de la déception).


Couchée sur le tapis, je me parle.


J'ai vécu pire.


Je me revois...


-couchée sur le plancher de la salle à manger en train de vivre les pires contractions ever (tsé les doubles? tu penses que c'est fini, mais y'en a une autre qui commence);


-en train de courir 17 km dans une tempête de neige sur le Mont-Royal, le vent dans face, envie de pleurer, mais je peux pas sinon mes larmes vont geler, pas d'argent pour un taxi;


-au 15e kilomètre du demi-marathon de New York, en pleine détresse gastro-intestinale dans mes leggings turquoises, sur le point de chier ma vie dans mes culottes;


-tomber brutalement sur le coccyx, au point d'en avoir la vision trouble par deux ondes de choc, seule dans le bois, pour ensuite passer la nuit seule en camping, blessée.


Suck it up.


Si t'as fait tout ça sans crever, ton entraînement d'aujourd'hui c'est RIEN.


Redouble d'énergie.


Ce qui devait être un entraînement technique devient donc un entraînement de just do it. Je veux juste que la barre lève. J'y mets toute mon énergie, et je double la dose. C'est la seule façon de m'en sortir.


Quand j'étais à l'école de théâtre, une prof nous avait dit ceci : « Quand tu bafouilles, réattaque avec le double d'énergie. » Faut pas rester là-dedans.


Fais pas la baboune.


Ça va t'apporter quoi d'être frue? Regarde autour de toi. Regarde tes camarades qui travaillent fort comme toi ce matin. Ceux qui sont frus font rien de bon.


Prends pas ça mal. Vois ça comme une opportunité. Travailler dans la difficulté, dans la fatigue, ça te permet de passer des plateaux. Reste dans ta zone de confort si tu veux pas avancer. Personne t'oblige.


Mais tu veux progresser. Quand c'est exigeant, quand ça vient te chercher au plus profond de toi, c'est entre tes deux oreilles que ça se passe.


Soit tu choisis la voie facile, soit tu te bats.


Et chaque fois que tu te bats, c'est positif. Plus tu cumules de batailles, plus tu possèdes d'armes pour t'en sortir.


Et tout devient moins grave.


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© Sophie Lepage 2018

Photos haltérophilie : © Michael Abril